« C’est la faute de Michel » : pourquoi l’auditeur ne cherche pas de coupable

Un lien piégé, un clic, une alerte. Et la tentation de désigner Michel, de la compta. Sauf que pour l’auditeur, Michel n’est pas le problème. Une chronique tirée de notre livre « Audit-moi si tu peux ».

Ce qui se passe

Pendant un audit, un constat tombe : un collaborateur a cliqué sur un lien d’hameçonnage (phishing) quelques semaines plus tôt. Réflexe immédiat de l’audité : « Ah oui, c’est Michel. Il est nouveau, il n’a pas fait attention. »

Variante tout aussi fréquente : « C’est l’administrateur système qui a oublié. »

L’audité pense avoir réglé la question. En réalité, il vient d’envoyer à l’auditeur un signal bien plus inquiétant que le clic lui-même.

Ce que l’auditeur regarde vraiment

Votre auditeur se fiche éperdument de savoir qui a cliqué. Ce qui l’intéresse, c’est de comprendre pourquoi le système a permis que l’erreur se produise, et qu’elle ait des conséquences.

Si Michel a cliqué, les vraies questions sont ailleurs :

  • le filtre de messagerie aurait-il dû bloquer ce message ?
  • Michel avait-il été sensibilisé, et depuis combien de temps ?
  • la double authentification aurait-elle empêché l’attaquant d’utiliser son mot de passe ?
  • l’incident a-t-il été signalé vite, et traité ?

C’est un principe central de notre façon d’auditer : on audite un système, pas des personnes. Les erreurs humaines arrivent, partout. Une organisation mature ne cherche pas un coupable, elle cherche la faille du processus qui a laissé passer l’erreur. Et elle remercie Michel d’avoir signalé son clic, au lieu de le lui reprocher.

Désigner un individu, c’est aussi s’interdire de progresser : si c’est « la faute de Michel », rien ne change… jusqu’au prochain Michel.

À vous de jouer

Trois questions à vous poser :

  1. Quand une erreur humaine survient, cherchons-nous d’abord un responsable, ou d’abord la cause dans nos processus ?
  2. Nos collaborateurs osent-ils signaler un clic douteux sans craindre d’être pointés du doigt ?
  3. Nos mesures techniques (filtrage, double authentification) sont-elles pensées pour tenir le jour où quelqu’un se trompe ?

La phrase à retenir : si Michel a cliqué, le problème n’est pas Michel.

Pour aller plus loin : les mythes sur les auditeurs (et la vérité derrière) sont dans notre livre « Audit-moi si tu peux ».

Chronique adaptée de notre livre « Audit-moi si tu peux : Chroniques (presque) véridiques de l’audit ISO 27001 » (KyNeo, 2026). Préparée avec l’aide d’une intelligence artificielle et validée par KyNeo.