Un intrus a accédé à la plateforme où les élèves et les enseignants des gymnases et écoles professionnelles vaudois signalent leurs problèmes informatiques. Il en a copié l’annuaire et le contenu des demandes. Pas de mots de passe ni de notes, mais de quoi écrire de faux messages du « support » très crédibles.
Ce qui s’est passé
Le 26 octobre 2026, la direction de l’enseignement postobligatoire du canton de Vaud, en Suisse, a détecté un accès non autorisé à sa plateforme de support informatique. Elle l’a aussitôt déconnectée d’Internet et l’a sécurisée avec le centre opérationnel de sécurité du canton (État de Vaud).
Le 31 octobre, le canton a confirmé que des données avaient été copiées : les noms, prénoms et adresses e-mail scolaires d’environ 3 500 enseignants et 38 000 élèves, et le contenu de leurs demandes d’assistance. Les mots de passe ne sont pas stockés sur cette plateforme, et aucune note ni aucun dossier d’élève n’est concerné. L’incident a été déclaré aux autorités suisses de cybersécurité et de protection des données, les personnes ont été prévenues et une plainte pénale va être déposée.
Comment l’attaque a fonctionné
Le canton n’a pas dit comment l’intrus est entré. Ce que l’on sait, c’est que la plateforme était joignable depuis Internet, comme la plupart des outils de support : il faut bien que les élèves puissent y déposer leurs demandes de chez eux.
Ce qui rend l’incident instructif, c’est la nature des données. Un outil de support contient deux choses précieuses pour un escroc :
- un annuaire complet : qui fait partie de l’établissement, avec son adresse e-mail ;
- l’historique des problèmes de chacun : « je n’arrive plus à me connecter », « mon logiciel plante », « j’ai changé de téléphone »…
Avec les deux, un pirate peut écrire un message qui cite une vraie demande, avec la bonne date et le bon problème, pour réclamer un mot de passe ou faire installer un faux logiciel « de dépannage ». C’est bien plus difficile à repérer qu’un hameçonnage générique, et c’est le risque que le canton met en avant.
Ce qu’on ne sait pas encore
On ignore le logiciel concerné, la porte d’entrée utilisée, et depuis quand l’intrus avait accès. Aucune revendication n’est connue.
Ce que ça change pour une PME
Toutes les entreprises ont un « support », même minimal : un outil de tickets, une boîte mail dédiée ou l’outil de votre prestataire d’infogérance.
- Traitez l’outil de tickets comme une base de données sensible. Limitez les accès, protégez les comptes des techniciens par une double authentification, et demandez à votre prestataire où ces données sont stockées.
- Faites le ménage dans l’historique. Fixez une durée de conservation des demandes closes et purgez le reste : ce qui n’existe plus ne peut pas être volé.
- Interdisez les mots de passe dans les tickets. Un salarié pressé colle parfois son mot de passe ou une capture d’écran révélatrice dans sa demande.
- Dites à chacun comment le vrai support le contacte, et ce qu’il ne demandera jamais. La fiche « Faux support technique, que faire ? » de Cybermalveillance.gouv.fr donne les bons réflexes.
Le regard de l’auditeur
Quatre questions à vous poser, ou à poser à votre prestataire. Elles s’inspirent de ce que vérifie un auditeur ISO 27001 :
- Savons-nous où sont stockées nos demandes d’assistance, et qui peut les lire ?
- Combien d’années d’historique un intrus trouverait-il aujourd’hui dans notre outil de support ?
- Les comptes des techniciens qui accèdent à cet outil depuis Internet sont-ils protégés par autre chose qu’un simple mot de passe ?
- Nos salariés savent-ils par quel canal le vrai support les contacte, et qu’il ne leur demandera jamais leur mot de passe ?
Pour les pros : notre analyse technique (mode opératoire, MITRE ATT&CK, questions d’audit ISO 27001).
Dossiers : Sites web et données clients · Pièges tendus aux utilisateurs
Cet article prolonge notre bulletin de veille du 1er novembre 2026.
Analyse préparée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir de sources publiques, sous la responsabilité de KyNeo. Malgré nos contrôles, des erreurs peuvent subsister : en cas de doute, référez-vous aux sources citées. Les informations non confirmées sont signalées comme telles.